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La gazette patriote

La gazette patriote

Le bloc-notes politique de Daniel Philippot Conseiller Régional "Les Patriotes" - Hauts-de-France

L’euro : casse-tête de Marine Le Pen

L’euro : casse-tête de Marine Le Pen

Durant la campagne présidentielle de 2017, Marine Le Pen s’était engagée à entamer une négociation avec l'UE qui durerait 6 mois. En cas d’échec des négociations avec les partenaires européens, elle avait prévu d’organiser un référendum pour mettre en place le "Frexit", c'est-à-dire la sortie de la France de l'UE et de l'euro

La présidente du FN avait pensé à tout, même à un échec de son référendum. « Si le résultat est non, cela veut dire que les Français auront choisi un modèle de gouvernance qui est imposé par l'Union européenne et donc, dans ces conditions-là, à peu près 70% de mon projet ne pourrait pas être mis en œuvre », avait déclaré la candidate frontiste sur Europe 1, le 27 mars 2017.

 

 

L’euro : casse-tête de Marine Le Pen
L’euro : casse-tête de Marine Le Pen

Après le revers subi face à Emmanuel Macron, encore sous le choc de son débat catastrophique et sous la pression des cadres les plus radicaux de son parti, Marine Le Pen a définitivement opté pour un changement de ligne politique. Ce changement lui avait déjà été imposé par Nicolas Dupont-Aignan entre les deux tours de la présidentielle. Cette fois, sa décision est prise : Adieu Frexit, vive l’euro !

Naturellement, pour ne pas apparaître trop versatile aux yeux de l’opinion, la direction du parti réfutait l’idée d’une nouvelle ligne. Il convenait de le faire savoir mais sans trop le dire. Le discours restait volontairement flou sur la question de la sortie de l’UE et l’abandon de l’euro. Mais, comme le disait la grand-mère de Martine Aubry, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup… »

 

Le 19 octobre 2017, dans « l’émission politique » (FR2) Marie Le Pen est priée de dire si elle abandonnerait la monnaie unique dans tous les cas de figure. 

« Nous allons voir. J'attends de voir si Emmanuel Macron va réussir à convaincre Angela Merkel de verser à la France 70 milliards d'euros par an des excédents que l'Allemagne fait au détriment des pays, de notre pays entre autres » a-t-elle fait valoir.

« Si l'euro était positif pour la France, après tout, je me contenterais de l'euro. Mais je considère que l'euro continue à être négatif pour la France » 

Toujours cette ambiguïté qui ressemble au « en même temps » de E. Macron

 

Présentés comme une prise de guerre malgré leur trahison du NON au référendum de 2005 sur la constitution européenne, les deux ex-UMP Mariani et Garraud ont rapidement contraint la présidente du RN à clarifier sa position à l’égard de l’Europe.

 

« Désormais le RN dit très clairement qu'il n'est pas question de revenir sur l'euro, mais qu'il faut changer la gouvernance de l'euro, le fonctionnement », a expliqué Thierry Mariani aujourd'hui lors d'une conférence de presse commune avec l'ancien député LR Jean-Paul Garraud, qui rejoint lui aussi la liste de Marine Le Pen. (9 janvier)

 

Hervé Juvin, numéro cinq sur la liste aux européennes et présenté comme la nouvelle tête pensante du RN, est encore plus direct. Dans une note, intitulée "Euro - Note technique" que s’est procurée l’hebdomadaire économique Challenges, Hervé Juvin se livre à une critique en règle de la position que Marine Le Pen a prônée durant toute la campagne présidentielle. « L’euro fonctionne même s’il ne remplit pas tout à fait les espoirs de ses concepteurs », prévient-il d’emblée, avant de rappeler que la monnaie européenne est « la deuxième monnaie mondiale dans les réserves des banques centrales » et qu’elle est devenue « un élément de la stabilité du système financier mondial ».

Il va même plus loin que tous les européistes convaincus à droite comme à gauche. Il n’hésite pas à affirmer que « tout retraité, tout épargnant français, tout assuré sur la vie est infiniment reconnaissant à l’Allemagne d’avoir imposé un euro-mark qui garantit son épargne contre l’inflation et assure que son patrimoine va traverser les années. »

 

On imagine le charivari dans les têtes tourneboulées des cadres du RN et, en premier lieu, dans celle de la patronne…

Hervé Juvin n’en reste pas là. Il juge l’euro surévalué pour les économies italiennes et françaises et sous-évalué pour l’économie allemande. Il appelle à une révision du traité de Maastricht pour revoir les règles de fonctionnement de la monnaie européenne. Une gageure pour Marine Le Pen qui a expliqué durant des années que l’Europe n’était pas réformable de l’intérieur

Rappelons-nous cette émission politique dans laquelle la présidente du FN se moquait de tous ces partis politiques français qui nous promettaient de changer l’Europe à chaque élection… Montrant à l’antenne les affiches de campagne promettant une « autre Europe », Marine Le Pen avait conclu sa démonstration par un « Alors combien de temps vous allez nous la faire ? »

Hervé Juvin suggère « d'expliquer pourquoi une monnaie unique qui exclut les dévaluations compétitives appelle soit un ajustement par les salaires et les dépenses publiques, qui peut provoquer une crise sociale (gilets jaunes, mouvement 5 étoiles, etc.), soit des transferts entre pays excédentaires et pays déficitaires, en application des règles sur les excédents excessifs notamment, dont l’Allemagne ne veut pas ».

 

Une révision du traité de Maastricht ? Certes, la France peut demander une révision… Ce n’est pas la partie la plus difficile. Mais de là à l’obtenir… La présidente du RN sait parfaitement que c’est mission impossible.

 

Même si l’article 48 du TUE le prévoit, les obstacles sont nombreux (Conseil, Conseil européen, Commission européenne, Parlement européen, Parlements nationaux) et les contraintes d’unanimité rendent tout projet de révision des traités irréalisable. 

 

Jusqu’à ces dernières semaines, Marine Le Pen restait floue sur sa position vis à vis de l’euro. A l’approche de la campagne électorale des Européennes et surtout avec l’arrivée de Mariani et Juvin sur la liste RN, elle ne peut plus rester dans la confusion qu’elle entretenait à dessein pour tromper ses adhérents et sympathisants. Elle va devoir faire le grand écart entre ses électeurs et les ingérables Mariani et Juvin. 

En effet, un récent sondage de l’Ifop pour ‘Valeurs Actuelles’ indique que 83% des électeurs proches du RN voteraient pour la sortie de l’UE (Frexit) en cas de référendum. 

Un vrai défi pour la présidente du RN ! Quel numéro d’équilibriste va-t-elle nous présenter ? Devra-t-elle se renier une nouvelle fois ?

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