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La gazette patriote

La gazette patriote

Le bloc-notes politique de Daniel Philippot Conseiller Régional "Les Patriotes" - Hauts-de-France

Penelope Gate : le double jeu de Xavier Bertrand

Les 23 membres du Comité de campagne de François Fillon

Les 23 membres du Comité de campagne de François Fillon

Lors de sa conférence de presse du 6 février 2017, François Fillon a présenté ses excuses aux Français. Il s’agissait pour lui d’éteindre le scandale du Penelope Gate. Il a confirmé les révélations du Canard Enchaîné concernant les sommes perçues par son épouse qu’il considérait comme une collaboratrice et non une assistante…

Au chapitre des rémunérations perçues entre 1986 et 2013 par Penelope Fillon au titre de son emploi de collaboratrice parlementaire, le couple déclare 680 380,78 € nets pour les 185 mois travaillés entre 1986 et 2013, soit une rémunération mensuelle moyenne de 3 677,73 € nets.

Il s’agit d’une moyenne car les rémunérations s’étalaient de 1409,16 € en 1986 à 6009,07 € mensuels au cours des 62 mois durant lesquels elle fut assistante parlementaire de Marc Joulaud, député suppléant de son mari nommé ministre.

Certes, si ces sommes ont été confirmées, aucun élément tangible n’a été fourni quant à la réalité du travail effectué par Mme Fillon.

François Fillon a également apporté des précisions sur les rémunérations de ses enfants lorsqu’il était sénateur. Pour un travail de « collaborateur parlementaire », ils ont touché un « salaire mensuel net de 3 000 euros en moyenne pour chacun », a-t-il confirmé.

On peut se demander si, à compétence égale, François Fillon aurait payé autant un jeune sans lien de parenté avec lui. Alors qu’ils n’étaient pas encore avocats, contrairement aux premières déclarations, ses enfants ont touché environ le double du salaire moyen des assistants parlementaires. Durant 15 mois pour sa fille et 6 mois pour son fils, pour des tâches qui n’entrent pas dans les limites fixées par le sénat.

 

Certes, « tout cela était légal » et « rien n'était dissimulé » a répété François Fillon. Mais il ne s’est trouvé aucun journaliste pour s’étonner de la date de fin des contrats de Mme Fillon. Alors que son épouse lui était indispensable, dit-il, pour le seconder dans sa fonction de député, François Fillon a subitement cessé d’employer sa « collaboratrice » en novembre 2013.

« La loi d’octobre 2013 sur la transparence de la vie publique, aurait-elle poussé Penelope Fillon à ne plus être rémunérée en tant qu’attachée parlementaire de son mari et à cesser de collaborer à la 'Revue des deux mondes' ? », s'interrogent Les Echos.

Cette loi initiée après l’affaire Cahuzac avait été fortement critiquée par François Fillon. Parmi les nouvelles dispositions prévues par la loi figurait... l'obligation pour chaque parlementaire de rendre public la nature des activités de son (ou sa) conjoint(e) et aussi de publier le nom de ses collaborateurs sur déclaration de patrimoine et d'intérêts.

Comme la quasi totalité du groupe UMP à l'Assemblée, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait voté contre ce texte adopté par une majorité de députés.

« Je suis opposé à loi de moralisation du gouvernement et je suis scandalisé que le gouvernement parle de loi de moralisation comme si la vie politique était immorale… Je n’ai rien à cacher. »

Au cours de sa conférence de presse, François Fillon a livré une information concernant sa société de conseil personnelle. Après avoir longtemps refusé de donner la liste des clients de sa société "2F Conseil", François Fillon a fini par céder. Il a reconnu avoir travaillé pour la holding Fimalac, le groupe de conseil Ricol Lasteyrie, la banque d’affaires Oddo & Cie et l’assureur Axa. Des sociétés qui ont, à l’exception de la banque Oddo, toutes pour point commun d’être ou d’avoir été gérées par des personnalités réputées proches du candidat à la présidentielle. Les contrats passés avec ces entreprises, entre autres, lui ont permis d’enregistrer un chiffre d’affaires de 298 000 euros en 2015, 270 000 euros en 2014 et 446 000 euros entre juin 2012 et décembre 2013. Soit plus d’un million d’euros de revenus en trois exercices comptables.

 

Les trois sociétés citées ne sont pas des entreprises anodines. Géant mondial, Axa a été dirigé pendant dix-sept ans par Henri de Castries, figure incontournable du CAC 40 et qui a rejoint ensuite les rangs de l’équipe de campagne de François Fillon.

 

De son côté, la banque Oddo, qui a plus de 100 milliards d’euros d’actifs sous gestion, est chapeautée depuis 1987 par Philippe Oddo, classée 125e fortune de France par le magazine Challenges. Enfin, Fimalac est le holding personnel de Marc Ladreit de Lacharrière, qui en contrôle 88% du capital.

 

René Ricol, le dirigeant du groupe de conseil Ricol Lasteyrie, est un autre proche de François Fillon. Ce cabinet, né en 1987 et qui se présente comme « un leader français des métiers de l'évaluation financière et du conseil corporate », compte parmi ses fondateurs René Ricol, ancien commissaire général à l'investissement entre 2010 et 2012, c'est-à-dire, pendant que François Fillon se trouvait à Matignon. Ce commissaire aux comptes, dont les conseils sont très prisés par les dirigeants du CAC 40, a d’ores et déjà reconnu auprès du site Mediapart que le candidat LR officie comme "senior advisor" et est membre du comité stratégique du groupe Ricol Lasteyrie depuis 2012. Des responsabilités qui valent à François Fillon une rémunération annuelle comprise entre 40 000 et 60 000 euros.

L'écologiste Yannick Jadot a annoncé ce mardi 7 février 2017 qu'il allait demander aux députés écologistes de saisir le déontologue de l'Assemblée nationale sur les liens entre François Fillon et l'assureur Axa. « Monsieur Fillon (...) a travaillé pour Axa comme lobby sur une directive européenne qui doit évidemment rentrer dans le droit français (...) Pour moi c'est en dehors des clous », a-t-il déclaré.

 

Marc Ladreit de Lacharrière, ami de plus de 20 ans de François Fillon, est également le patron de la Revue des deux mondes pour laquelle Penelope Fillon aurait travaillé en 2012 et en 2013 comme « conseillère stratégique informelle ».

Aucun journaliste n’a interrogé François Fillon sur l’activité de son épouse au sein de cette revue. L’ancien directeur de cette revue a révélé que Penelope Fillon n’aurait publié que 2 notes de quelques pages. Une activité rémunérée 100 000 euros brut pour 20 mois de travail selon Le Canard Enchaîné.

Une enquête serait en cours sur les conditions d’attribution, fin 2010, de la Grand-croix dans l’ordre national de la Légion d’honneur attribuée au milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, à la demande de François Fillon.

 

Concernant la société « 2F Conseil », là encore, les journalistes n’ont pas poussé la curiosité de connaître les autres clients et notamment les clients étrangers de la société de M. Fillon…

Il serait intéressant de savoir si celui qui prétend à la candidature suprême est redevable ou non à des Etats étrangers.

 

Il serait tout aussi intéressant de connaître le point de vue de Xavier Bertrand, surnommé « l’homme aux deux visages » dans l’édition du 7 février du journal « L’Union ».

On peut y lire : « L’homme aux deux visages, Xavier Bertrand, c’est l’homme aux deux facettes. Il y a l’élu d’ici qui veut incarner un nouveau territoire. Et puis l’ancien ministre qui n’a jamais caché des ambitions nationales. A propos de son rôle dans la Région, il se montre ouvert. […] Mais il suffit d’évoquer François Fillon et son parti, pour que son visage se ferme. […] L’essentiel pour lui est de ne pas être confondu avec une caste lointaine… pour rebondir demain. »

 

 

Le Président de la Région des Hauts-de-France aura attendu le tout dernier moment pour confier en catimini qu’il accordait son soutien à François Fillon lors des primaires de la droite. Son objectif : ne pas apparaître partisan.

Que pense Xavier Bertrand, du rapport à l’argent de son ami Fillon ? Que lui inspire le Penelope Gate ? Comment réagit-il lorsqu’il entend parler des rémunérations extravagantes d’une épouse et de ses enfants ? Que dit-il des liens financiers unissant l’ancien Premier ministre au généreux milliardaire Ladreit de Lacharrière ? Quel avis porte-t-il sur la très lucrative société 2F Conseil de son ami Fillon, société enregistrée 11 jours seulement avant le début du mandat de député pour éviter un possible conflit d’intérêts ? Apprécie-t-il d’apprendre que Mme Fillon cumulait deux emplois bien rémunérés et Mlle Fillon un stage d’avocat rémunéré et un poste fort bien payé d’assistante parlementaire auprès de papa ?

 

Et si le visage de Xavier Bertrand se ferme devant le journaliste de L’Union qui évoque François Fillon, il s’illumine à Paris lorsqu’il siège, dans le comité de campagne du même François Fillon. C’est ce que montrent les images diffusées sur les chaînes de télévision le 7 février 2017.

L’homme aux deux visages… l’homme aux deux facettes… Mais aussi l’homme au double jeu. Se montrer proche des gens humbles à Lille et soutenir en cachette l’homme d’argent à Paris…

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