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La gazette patriote

La gazette patriote

Le bloc-notes politique de Daniel Philippot Conseiller Régional "Les Patriotes" - Hauts-de-France

Les revirements intéressés…

Les revirements intéressés…

En politique, la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Qui aurait dit, en janvier 2016, lorsque Gérald Darmanin quittait la direction de LR avec fracas et critiques envers Nicolas Sarkozy, qu'il reviendrait, huit mois plus tard, soutenir l’ancien chef de l’Etat pour la primaire ? 

Dans une interview au Figaro le 20 août, celui qui disait ne « pas sentir d’envie de Sarkozy » et ne pas lui devoir « grand-chose » a finalement changé d'avis. Il explique maintenant que l'ex-président de la République a évolué dans le bon sens et souligne l’importance qu’a eu pour lui le soutien de François Baroin.

 

Vous n'avez pas tout compris ? On reprend au début…

 

Janvier 2016 : Gérald Darmanin, quitte la direction des Républicains et critique avec virulence Nicolas Sarkozy. En 2014, il avait déjà encouragé Nicolas Sarkozy à changer « d'entourage et de méthode ».

Dans une interview, le maire de Tourcoing déclare : « Fonder l'essentiel de nos propositions sur l'identitaire, c'est loin du discours social, méritocratique et républicain qu'attendent les Français… Comment prétendre qu'on fait de la politique autrement avec la nomination d'un numéro 2, Laurent Wauquiez, qui est président de la deuxième région de France tout en restant député ? »

Il poursuit dans la même veine : « La ligne identitaire ne peut pas être l'alpha et l'oméga de la future campagne. Il faut un équilibre entre l'autorité et le social, entre la fermeté et la solidarité. Être Français ne se résume pas à une question de religion ou de racines chrétiennes. Quels signes donnons-nous à nos compatriotes musulmans, par exemple, dont les pères sont devenus français par le sang versé ? »

Le vice-président du Conseil régional ne s’arrête pas là dans ses critiques à l’égard de Sarkozy : « Je le dis clairement : en ce moment, il se trompe. Il semble ne pas comprendre la séparation et l'incompréhension entre lui et le peuple de droite qui exigerait une remise en question de sa part. Or, s'il est candidat à la primaire, il sait que la victoire se gagnera au peuple. Nicolas Sarkozy avait réussi à créer ce magnifique désir du « rêve français » en 2007. Nous ne retrouvons pas cette magie. J'en suis nostalgique. »

« A Tourcoing, les gens le disent, Ils ne veulent plus de ceux qui étaient là au casting de 2012. » 

 

C’était en janvier dernier… six mois plus tard, Gérald Darmanin est de retour au bercail. Mieux même, il est le meilleur soutien de Nicolas Sarkozy. Il est nommé directeur de campagne…

Lui qui disait encore il y a quelques mois ne pas sentir « d'envie de Nicolas Sarkozy », ressent aujourd'hui un « retour à la confiance en Nicolas Sarkozy dans le peuple de droite. »

Il est bien le seul à le sentir…

 

Pour justifier son aller-retour auprès de Nicolas Sarkozy, le jeune vice-président de la région semble avoir mis de l'eau dans son vin sur le thème de la laïcité.

Que voulez-vous, il faut savoir montrer qu’on n’a pas trop de divergences avec  le candidat qu’on soutient… Lui qui regrettait une "laïcité punitive" en juin dernier, au moment où il publiait son Plaidoyer pour un islam de France, se prononce pour l'interdiction des « repas communautaires » à la cantine. « Mais un enfant peut manger du poisson plutôt que la viande », justifie-t-il.

Sur la question du voile à l'université que Nicolas Sarkozy prône purement et simplement d'interdire, il recommande son interdiction "pendant les cours", une question de "politesse." Avec Lamartine, nous dirons qu’il s’agit là de « longues circonvolutions de paroles ».

 

Il aura fallu également au jeune Darmanin avaler d’autres couleuvres pour se justifier. Non seulement, Laurent Wauquiez est toujours aussi cumulard mais, de numéro 2 de son parti, il est devenu numéro 1 par intérim… Le maire de Tourcoing se demande-t-il encore comment faire de la politique autrement ?

« La ligne identitaire ne peut pas être l'alpha et l'oméga de la future campagne. » déclarait Gérald Darmanin lorsqu’il mettait en cause Sarkozy. N’a-t-il pas lu ou entendu les déclarations quotidiennes de son mentor ? Chaque jour, elles alimentent  cette ligne identitaire que n’aurait pas reniée Patrick Buisson, l’ex-conseiller qui vient de se venger en publiant un livre ravageur. (relire l'article "Sans foi ni loi")

Avec des propositions comme la suspension du regroupement familial, la remise en cause du droit du sol, les polémiques sciemment provoquées, du type « nos ancêtres les Gaulois », Nicolas Sarkozy tente une nouvelle fois de séduire les électeurs du Front National. Le candidat à la primaire de la droite ne s’économise pas pour flirter toujours plus avec les positions du FN.

Dernière preuve que Nicolas Sarkozy foule délibérément les terres du Front National, au sens propre comme au sens figuré : ses déplacements de campagne ciblent en priorité les régions où Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores. Depuis le début de l’année, il a ainsi effectué près d’un tiers de ses visites dans des communes où le FN est arrivé en tête aux régionales de décembre 2015, selon un décompte du Parisien.

S’il avait siphonné avec succès les voix du FN en 2007, la même stratégie a échoué en 2012. Nicolas Sarkozy prendrait-il les électeurs FN pour des demeurés ? Pense-t-il pouvoir renouveler son arnaque ad vitam æternam ?

 

Cette ligne identitaire qui posait tant de problèmes à Gérald Darmanin ne semble plus l’émouvoir. Serait-il, à l’instar de son mentor, prêt à tous les accommodements pour accéder au pouvoir ?

Appliquerait-il à la politique "le principe de la pyramide de ponzi : accumuler les surpromesses en période électorale avec la ferme intention de n’en tenir aucune une fois au pouvoir ?" Pour reprendre les termes adressés à Nicolas Sarkozy par Patrick Buisson…

 

Le retour au bercail ne s’est pas fait sans grincements de dents chez ceux restés fidèles à l’ex-président. Dans l’entourage de Sarkozy, les railleries n’ont pas manqué de siffler aux oreilles du présomptueux Darmanin : « Il ne faut pas qu'on donne le sentiment de reproduire les erreurs du passé : acheter les traîtres à coup de susucre et récompenser ceux qui ont le plus tapé sur Sarkozy. » Un ralliement d’autant plus étonnant, à leurs yeux, que les « débats identitaires nauséabonds » que Darmanin fustigeait hier n’ont pas disparu du discours de l’ancien chef de l’Etat. « Je ne ferai pas de commentaire là-dessus », répond Sébastien Lecornu, président LR du Conseil départemental de l’Eure, pour mieux préserver son ami.

Éric Ciotti s'inquiète surtout de la ligne incarnée par Darmanin vis-à-vis de l'islam. Le maire de Tourcoing défend en effet l'idée d'un concordat avec les musulmans de France en « gallicanisant » l'islam. Pour financer les mosquées, Darmanin propose que les collectivités locales allouent des avances remboursables et des garanties d'emprunt en passant par la Caisse des dépôts. « C'est exactement ce que nos électeurs ne veulent surtout pas entendre », prévient-on dans l'entourage de Laurent Wauquiez.

 

S’il a misé sur Sarkozy, Gérald Darmanin veut croire que sa carrière politique s’en trouvera accélérée en cas de victoire. Sarkozy n’a-t-il pas déclaré récemment : « Je vois Gérald tous les jours et parfois plusieurs fois par jour, et quand on ne se voit pas, on s’appelle. J’ai dû expliquer à ma femme de qui venaient les SMS envoyés à 22 heures… Il a signé pour être mon directeur de campagne jusqu’à la présidentielle, puis ensuite sa vie va changer. »

Mais a-t-on dit à Darmanin qu’à l’été 2016, 71% des Français ne veulent plus d’un Sarkozy candidat ?

En attendant, l’homme pressé de Tourcoing devra avaler de nouvelles couleuvres et peut-être même son chapeau.

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