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La gazette patriote

La gazette patriote

Le bloc-notes politique de Daniel Philippot Conseiller Régional "Les Patriotes" - Hauts-de-France

Le Brexit les rend fous...

Le Brexit les rend fous...

« Onde de choc, séisme, crise sans précédent, catastrophe… » Dans l’émission ‘’C dans l’air’’ du vendredi 24 juin, on peut entendre : « On est tombé de l’armoire… C’est une douche écossaise… On casse la machine… On est dans le négatif… Je suis effondré… »

 

Tous les superlatifs ont été utilisés, dits, écrits, entendus. Les commentateurs, les journalistes, les pseudo-experts-politologues… tous sont anéantis. Jamais ils n’ont pu penser que le bon peuple pouvait leur jouer un si vilain tour. Ils ne décolèrent pas. Ils ne comprennent pas. Ils sont au bord de la crise de nerf. Laurent Joffrin déclare : « L’Europe est une maison commune : elle brûle. »

 

 

Et pourtant, l’inimaginable s’est produit. Dans la nuit du 23 au 24 juin, à mesure que les heures s’écoulent et que les résultats tombent, les élites s’écroulent. Au petit matin « la messe est dite : le Brexit, c’est la victoire du plouc, évidemment xénophobe, qui défrise tant les beaux quartiers où on aime d’autant plus les immigrés qu’on ne les voit pas » pouvait écrire Elisabeth Lévy.

 

Dans « Arrêt sur images », Daniel Schneidermann déclare : « La seule certitude, s’il faut en trouver une, est qu’il faudra, encore davantage que d’habitude, se méfier des médias traditionnels. Les premières réactions d’effondrement politique, voire parfois mental ou moral, de leurs journalistes-twittos, montrent bien leur décrochage par rapport à l’opinion populaire. Comme lors de leur adhésion à Balladur en 1995, au « Oui » au référendum français de 2005, et en quelques autres occasions, ils sont ailleurs. »

 

Et Jean-Paul Brighelli de s’en amuser : « Ah, le chœur des vierges ! L’Angleterre a voté ‘’non’’. What a surprise ! Les journalistes s’émeuvent, les boursiers aussi, les marchés s’affolent, les fonctionnaires bruxellois s’agitent. Autant de gens dont nous n’avons cure. »

 

On pourra certes s’amuser des élucubrations de l’inénarrable BHL (Bernard-Henri Lévy) qui rate toujours une bonne occasion de se taire :

« Défaite probable du Brexit. Déroute, donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. Reste, maintenant, à refonder l'Europe. » (23 juin)

« Mauvais pronostic. J'avais peine à imaginer que le peuple britannique fasse ce choix, à mes yeux suicidaire. Sorry. » (24 juin)

 

D’autres déclarations font froid dans le dos… comme celle de François Jost, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication à l’université de Paris III : « Peut-on accepter qu’une majorité de deux points entraîne un événement irréversible ? » ou encore celle de Gaspard Koenig, président du think-tank GenerationLibre : « Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l’histoire humaine, et méprise les nationalistes. »

 

Les éditorialistes de la presse française appellent les Etats membres de l'Union européenne à une réaction énergique pour sauver l'Union Européenne.

Certains rêvent de ne pas tenir compte du vote des électeurs. C’est le cas de l’éditorialiste ultra-libéral Arnaud Leparmentier (Le Monde) qui écrit : « De la capitulation des brexiteurs après deux ans de désordre à l’effondrement de l’UE et de l’euro, tout est possible… Quitter l’UE apparaît presque ‘’matériellement impossible’’, comme devait l’être ‘’la guerre’’ avec la mise en commun du charbon et de l’acier selon la déclaration Schuman de 1950, tant le droit et l’économie anglais sont enchevêtrés avec l’Europe. »

D’autres disent la même chose mais en faisant mine de s’interroger, comme Caroline Roux (France 5) : « ça va être une catastrophe pour les Anglais… ça va être long … Est-ce qu’il ne va pas y avoir des arrangements pour ne pas en sortir ? »

 

D’autres frisent la dépression et ne peuvent s’empêcher de fustiger le peuple qui a mal voté… Philip Turle, rédacteur en chef de la rédaction anglaise de RFI, « Je suis inquiet, je suis en état de choc, je suis effondré par ce résultat. Je me demande ce que va devenir la Grande-Bretagne sans l'Union Européenne » et d’ajouter « On ne devrait pas faire un référendum comme ça ; le peuple ne comprend pas les vrais enjeux ».

Jean Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman ne s’en remet pas et laisse éclater son incompréhension : « On pensait que les Britanniques allaient résister aux populistes. Mais les populistes ont gagné. C’est ça notre sidération. »

Audrey Pulvar sur Europe1 est tout autant interloquée : « Les gens qui vivent dans la modernité ont voté contre le Brexit »

Hélène Bekmezian, journaliste au Monde, a trouvé une solution radicale : « Les vieux qui votent pour le Brexit, ça me rappelle les retraités qui avaient voté pour Sarkozy et son "travailler plus pour gagner plus". Le droit de vote, c'est comme le permis : franchement, au bout d'un certain âge, on devrait leur retirer. »

 

D’autres encore veulent punir durement les Britanniques pour donner une bonne leçon à ceux qui seraient tentés de les imiter…

Jean Quatremer, journaliste à Libération : « Pour éviter l’effet de contagion, il faut que le départ soit douloureux »

Laurent Neumann sur BFM-TV : « Il faut faire payer très cher à l'Angleterre pour éviter la contagion à d'autres pays. »

 

D’autres, enfin, ne peuvent se départir de leur vocabulaire restreint qui est leur marque de fabrique et leur permet d’exister : ‘’l’extrême droite’’ et ''les populistes''. Que seraient-ils sans ces mots ?

Ainsi l’indéboulonnable Alain Duhamel qui « invite François Hollande à "prendre des décisions" face à cette "crise sans précédent". Des décisions à ne pas prendre à la légère puisque selon lui, elles feront barrage "à l'extrême droite et aux partis anti-européens, qui vont essayer de transformer la crise britannique en crise de chacun des pays européens" ».

De même, la Voix du Nord réussit l’exploit de placer ‘’extrême droite’’ deux fois en deux lignes : « Alors que les mouvements populistes prospèrent à travers l'Europe, le Brexit pourrait provoquer une réaction en chaîne. Déjà, la chef de l'extrême droite française Marine Le Pen (FN) et le député d'extrême droite néerlandais Geert Wilders ont appelé à des référendums dans leurs pays. »

 

Les masques tombent. Les élites de la bien-pensance, c’est à dire la non-pensance, montrent leur vrai visage, leur refus de la démocratie et surtout leur déconnexion totale du peuple. A aucun moment, leur logiciel intellectuel ne leur avait permis d’envisager pareil scénario. Leur cerveau turbule, chauffe, est au bord de l’implosion.

Tel le vent d’Autan dans le Sud-Ouest qui agace et tape sur les nerfs, le Brexit a le don, lui aussi, de provoquer une grande irritabilité, des crises d’angoisse, un sentiment de panique… voire de rendre folles les élites de la caste politico-médiatique. Dur, dur… de se vouloir faiseur d’opinion.

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