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La gazette patriote

La gazette patriote

Le bloc-notes politique de Daniel Philippot Conseiller Régional "Les Patriotes" - Hauts-de-France

Je te tiens par la barbichette...

Je te tiens par la barbichette...

Retour fin 2015. Pierre de Saintignon, tête de liste PS, se fait hara-kiri entre les deux tours de l’élection régionale sous la pression de Manuel Valls et Martine Aubry. En se sabordant, il entraîne vers l’abîme le PS local. Paix à son âme.

Xavier Bertrand, vainqueur de l’élection, se voit déjà monarque absolu en son royaume estimant n’avoir de comptes à rendre à personne.

A personne ? Un brin présomptueux, notre homme… Pierre de Saintignon ne tarde pas à se rappeler au bon souvenir de Xavier Bertrand : « Je souhaiterais qu’il dise mieux à qui il doit son élection. » (16/01/2016 VDN). Message reçu. Deux jours plus tard, le nouveau président rencontre Martine Aubry et Pierre de Saintignon, ses obligés… Les entrevues avec la tête de liste PS se multiplient. « Nous lui rendons une ‘politesse républicaine’ », explique Gérald Darmanin en bon majordome de Xavier Bertrand.

Depuis, une sorte de pacte de non-agression semble lier l’élu et le battu. Xavier Bertrand consulte systématiquement Pierre de Saintignon pour préparer les séances plénières du Conseil régional.

Le chef de file battu a persuadé son vainqueur de conserver les plates-formes ressources humaines qu'il avait mises en place pour favoriser les échanges entre les jeunes des quartiers populaires et les chefs d'entreprise. Et surtout, EuraTechnologies, « une pépite », selon la majorité à la Région.

Le socialiste qui n’avait pas de mots assez durs pour fustiger son adversaire durant la campagne électorale lui est reconnaissant de tenir compte de ses avis.

Tel le chat qui guette sa proie, Pierre de Saintignon attend les nuages annonciateurs de difficultés pour la majorité de droite. Il sait que Xavier Bertrand ne pourra pas tenir sa promesse de créer 60 000 emplois avant le 1er septembre 2016. « Il faudra regarder dans un an, pour savoir si cela a porté ses fruits », estime Saintignon. On l’avait connu plus virulent…

En matière de création d’emplois, le président du Conseil Régional a, quant à lui, revu ses objectifs nettement à la baisse mais presque incognito : 30 000 emplois seulement… Pas au 1er septembre 2016… Non. A la fin du mandat !!! Un recul impressionnant. On est loin de la promesse de campagne. L’échec est patent.

Les anciens adversaires continuent de se ménager. Ils savent que le groupe FN-RBM représente une opposition forte, décidée, attentive, structurée. Une opposition qui a un programme, des idées, des propositions. Une opposition plus représentative que le PS et ses alliés ou que l’ex-UMP et ses alliés…

Pourtant, les premières fissures risquent de bientôt apparaître dans la maison UMPS. Lors des dernières séances plénières consacrées au vote du budget, la majorité a insisté sur « l’héritage » socialiste. L’exécutif régional sait qu’il sera jugé sur sa capacité à redresser la Région en grande difficulté financière. Comme il doute sur sa capacité à y parvenir, il lui faut trouver un bouc-émissaire. Ce sera le PS et sa gestion calamiteuse.

Xavier Bertrand devrait toutefois se méfier du retour de bâton. Pierre de Saintignon, à juste titre, pourrait lui répliquer que la gestion de la Région n’était rien d’autre qu’une cogestion de fait entre PS et UMP. Il pourrait lui rappeler que durant la mandature 2010-2015, la majorité PS et l’opposition UMP ont voté ensemble 97,94% des 13961 délibérations présentées en commission permanente. L’UMP n’a rejeté que 93 délibérations soit 0,67% des textes soumis au vote !

Le 13 décembre 2015, Xavier Bertrand que les médias présentaient comme le grand vainqueur des élections régionales apparaît, de plus en plus aujourd’hui, comme prisonnier des socialistes. Il leur est redevable d’être président de Région. L’ex-chef de file PS est bien décidé à monnayer le retrait hara-kiri de sa liste. Dans les rangs décimés socialistes, on n’a pas fini de l’entendre fredonner la petite chanson enfantine « je te tiens par la barbichette… ». Il se murmure même que l’écho parvient aux oreilles de Xavier Bertrand jusqu’à son fauteuil dans l’hémicycle comme une ritournelle obsédante… « je te tiens par la barbichette… » 

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